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Pratiquer la Méditation

Moutassem Hammour

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Pratiquer la Méditation
11 MIN2018 ABR. 24
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« Prenons des photos, mais surtout vivons pleinement l’expérience. »
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À la fin des années 90, j’ai vécu dans l’East Bay en Californie du Nord. Les week-ends, je traversais le Bay Bridge pour profiter de San Francisco, une ville animée avec ses nombreux restaurants, bars, festivals et expositions.
J’allais souvent dans le Golden Gate Park qui en plus d’être un grand parc offrait en son centre le Young Museum. Créé en 1895, ce musée dédié aux beaux-arts, proposait et propose encore une grande palette d’expositions.
L’une des expositions les plus appréciées est Bouquets to Art. Pour cet évènement, des fleuristes créent des bouquets en réponse à des oeuvres d’arts (anciennes et contemporaines). Pour l’édition de cette année 2018, la 34e, le musée a dû faire face à un problème qui n’existait pas à l’époque de mon séjour: Instagram!
Depuis les récentes années, le Young Museum a reçu plus de mille doléances de personnes notant que l’utilisation excessive des téléphones portables par beaucoup de visiteurs a affecté leur expérience de l’exposition.
Pour y faire face, le musée propose maintenant des créneaux « no photo please » de quelques heures par jour. C’est un compromis, la direction ne peut pas se permettre d’interdire tout le temps la prise des photos, car les réseaux sociaux sont devenus un moyen de faire connaître l’évènement, et de plus en plus de personnes viennent uniquement pour prendre des photos.
Prendre des photos à tout-va est devenu le nouveau normal
Dans une interview pour le Time magazine, Morgan Holzer, une trentenaire habitant San Francisco, note avoir été surprise par la furie autour des oeuvres. Les portables à la main, c’était une frénésie de clics. En approchant l’un des bouquets pour lire le descriptif, elle s’est sentie un peu coupable, car elle empêchait les autres de prendre une photo. Elle avait l’impression d’aller à l’encontre de la majorité pour qui la prise de photos et de selfies semble être devenue le nouveau normal.
Pourquoi n’arrive-t-on plus à simplement vivre l’expérience sans chercher à la capturer? Surtout que comme le note une étude publiée dans la revue Psychological Science, les personnes qui prennent des photos à une exposition plutôt que de simplement observer ont plus de difficulté à se rappeler ce qu’ils ont vu.
Il semblerait que vivre l’expérience ne suffise plus. Il faut la capturer et la montrer aux autres. La raison pour cela c’est que l’on continue à dépendre de l’approbation des autres. Je dis continue car c’est un mécanisme qui commence durant l’enfance. Un enfant pour survire a besoin de l’attention et de l’amour de ses parents. Il va rechercher leur attention à travers les moyens qu’il a: les pleurs en tant que bébé, puis en grandissant, il va rechercher leur amour garant d’une attention bienveillante. Si ce besoin d’acceptation est naturel pour un enfant, il devient problématique lorsqu’il persiste à l’âge adulte.
Besoin d’approbation
Je rencontre souvent chez l’autre ce besoin d’approbation. Au lieu de vivre à partir de ses ressentis, on vit à partir de l’approbation de l’extérieur (la société, ses proches, son modèle familial, son ou sa partenaire de vie). On croit que l’on a besoin d’agir et d’être d’une certaine façon pour être apprécié et aimé.
Ce mécanisme inconscient est dû au fait que l’on n’est pas encore réellement passé à l’âge adulte. On continue à croire que l’on a besoin de l’approbation d’autrui pour exister. Cette transition incomplète trouve son origine dans une enfance où l’on a ressenti la peur de perdre l’amour de ses parents.
En effet, des parents peu présents, peu communicatifs, soucieux ou dépressifs, risquent malgré eux de créer un environnement où l’enfant perçoit un m...